Le tissage et moi
Une véritable histoire d’amour qui a commencé il y a plus de 50 ans……
Troisième épisode
Par la suite, j’ai eu envie d’avoir un métier à tisser qui me permettrait de tisser des morceaux plus grands.
Mes parents m’ont offert pour un Noël le métier à tisser de « Modes et Travaux », c’était dans les années 76 ou 77…
La différence avec le précédent, c’est que celui-là était sur pieds, et permettait une largeur de tisse d’environ 60 cm je crois.
Je n’ai toujours pas de photos…
Je l’ai utilisé, un peu, mais pas trop de souvenirs. Je crois qu’il n’était pas assez « performant » pour moi…
Ce métier ne permettait toujours qu’une seule façon de tisser : un fil dessus, un fil dessous.
Toujours le même point !!!
J’avais envie d’évoluer, de tisser autrement, de trouver des points différents, de varier les possibilités.
De jouer en fantaisies…
Et puis, un jour, dans les rues de La Rochelle, j’ai vu une boutique d’artisanat qui m’a attiré avec une force impressionnante.
Il y avait des métiers à tisser à l’intérieur. Des vrais, grands, solides et avec 4 pédales !
Et, sur la vitrine, une petite annonce : stage de tissage.
Et là, j’ai dit à mes parents : c’est ça que je veux comme cadeau d’anniversaire !
La boutique s’appelait « Mélocotome » je crois, le souvenir est un peu loin… Elle était tenue par un couple de jeunes adultes, un peu « hippy ».
Une chose qui m’a beaucoup marquée : le monsieur tricotait. Je n’avais jamais vu un homme tricoter. Pour moi, dans ce que je connaissais à l’époque, le tricot c’était une affaire de femmes, la grand-mère, la mère, la tante, la fille, mais que des femmes. Et là, de voir un homme tout à fait à l’aise avec ses aiguilles à tricoter m’avait impressionnée. J’étais curieuse de connaître ces gens.
Et donc, quelques semaines plus tard, j’allais, enfin, passer une journée entière dans la boutique/atelier.
On était 2 stagiaires, avec chacune un métier à sa disposition. Et j’ai tissé, pour de vrai !!!
Utilisation de différents fils, d’épaisseurs différentes, pour créer un motif.
Le tissu réalisé s’est ensuite transformé en housse de coussin sur le canapé de mes parents. Et il vit encore…
Comme j’ai aimé cette journée !!!
Et la dame a bien vu ma motivation : elle m’a proposé de revenir quand je voulais…
Cette phrase n’était pas tombée dans l’oreille d’une sourde !!!
Je suis donc retournée dans cette boutique, j’en voulais plus. La dame m’a permis de tisser encore et encore.
Je me souviens que j’y suis allée tout l’été.
J’ai appris à utiliser toutes les pédales pour créer différents motifs de tissage. C’était tellement plaisant !
Oui, je tissais pour elle et non, elle ne me payait pas. Mais elle m’a offert de la très belle laine, et j’ai aussi pu tisser pour moi…
J’ai tellement appris grâce à elle, et j’aimais vraiment ça.
Moi, tant que je tissais, que je touchais les fils, que je créais quelque chose, j’étais la plus heureuse du monde.
Bien sûr, il a quand même fallu faire des études…
J’avais la chance d’avoir une grande chambre, dans l’appartement de mes grands-parents, en région parisienne, le temps de mes études.
Et oui, en petite provinciale que j’étais, j’avais choisi d’aller faire des études à Paris, histoire de changer d’environnement…
Et au milieu de ma chambre, il y a eu le métier à tisser fabriqué par les mains de mon copain qui, depuis, est devenu mon mari…
Et cette fois, j’ai une photo !!!!
Ces photos, c’est un tissu que j’ai fait, que je n’ai jamais utilisé, et que j’ai précieusement conservé…
Aujourd’hui, je sais pourquoi…
Pour le plaisir de vous le montrer.
Bon, d’accord, il aurait besoin d’un bon repassage, les plis du rangement sont bien marqués…
Mais il a été bien stocké, bien conservé, car bien qu’il soit en laine, de la vraie laine, personne n’est venu le grignoter.
J’ai tissé, tissé, tissé…
Une veste en laine tissée pour mon homme, une autre pour moi.
Du tissu dans lequel j’ai taillé une jupe pour moi, et d’autres du même style pour offrir car ça plaisait…
Des tapis aussi. En laine brute qu’on appelait « toison ».
La laine écrue, juste lavée, sans aucun traitement. C’était donc des « mèches » que je passais en guise de fil de trame. Deux rangs ainsi, et les deux rangs suivant en vrai fil, plus fin, pour la solidité finale.
Il y avait ainsi un tapis doux et chaud, chez mon frère.
Puis un autre, beaucoup plus grand puisque c’était un assemblage de 4 morceaux, chez ma tante.
Mais tout celà à un prix… Les fils, la matière première, il faut la financer quand même…
Et puis, J’ai fini par faire comme tout le monde, oublier ma passion pour aller travailler et ramener quelques sous…
Et là, plus vraiment le temps de se remettre au tissage…
Puis les enfants sont arrivés, et les appartements successifs étaient vite trop petits. Le métier à tisser a donc été démonté, et rangé…
Ci-dessous, vous pouvez voir le détail de ce vieux tissu de laine, tissé par mes petites mains :
La suite au prochain épisode…
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Je me ferai un plaisir de vous lire.